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Alain Marçais :

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  • : J'ai créé ce blog pour émettre et recevoir des commentaires sur les actualités économiques, sociales et politiques locales, régionales et nationales. C'est surtout un moyen de proposer des actions pour aider à résoudre les différentes difficultés de la vie quotidienne.
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3 avril 2012 2 03 /04 /avril /2012 16:55

340 Chebika Un groupe de jeunes du bassin albertvillois devant aller effectuer un chantier à Nefta, en Tunisie, en lien avec la Mission Locale Jeunes, j'ai réservé l'aller/retour Lyon-Tozeur (Tunisair), la chambre en maison d'hôtes (booking.com) et je suis parti passer 3 jours sur place avec l'intention de les rencontrer au-moins une journée pour me rendre-compte du bienfait mutuel de telles actions.

Ayant appris que le chantier, pour cause de contraintes d'organisation, s'était vu repoussé à octobre, je décide de maintenir mon voyage : je ne le regrette pas !

 

Pratique la liaison Lyon-Tozeur, deux fois par semaine les lundis et jeudis avec Tunisair. En fait il s'agit de Lyon-Monastir qui fait escale à Tozeur.

Lundi matin, le vol est à l'heure. Nous quittons la France au-dessus de la presqu'île de Giens et rejoignons la Tunisie en survolant l'Algérie jusqu'à Constantine où nous bifurquons, cap au sud-est, sur Tozeur. Deux heures de vol, sympa et pratique.

 

004 Maison A l'arrivée, Tayeb, mon hôte, m'emmène chez lui, à deux pas de l'aéroport, c'est dans sa magnifique et agréable maison que je passerai mes trois jours.  

J'ai été admirablement reçu par Tayeb et sa femme, Fatima et j'en profite pour vous en donner les coordonnées si vous souhaitiez réserver directement :

Maison d'Hôte, Route touristique, Tozeur 2200, Tunisie

Tel : +216 9845 0451

mail : tayebrabah@ymail.com

 

J'ai pris quelques photos de la maison, vous pouvez les voir dans mon album "Tozeur1" ou en cliquant sur la photo de la maison :

- l'album "Tozeur1" contient 200 photos de la première partie de mon séjour, surtout consacrée à la visite de la ville de Tozeur,

- l'album "Tozeur2" - que vous pouvez aussi atteindre en cliquant sur la photo en-tête de l'article - contient 182 photos de la deuxième partie de mon séjour, ma découverte du golf de Tozeur, de la briqueterie adjacente, puis des sites touristiques de la région de Tozeur, que j'évoquerai plus loin ci-dessous.    

Tayeb et Fatima mettent 2 chambres à disposition en chambre d'hôte.

Tayeb m'a proposé dès mon arrivée de prendre mes repas avec eux et, lorsqu'il serait libre, de faire les excursions intéressantes dans la région, tout cela pour une somme acceptable. Bien sûr, j'ai accepté cette offre et remercié Tayeb pour cette attention. Tayeb est prof de littérature arabe au lycée de Tozeur et Fatima est prof de français dans le même établissement. 

Les repas étaient excellents et ont été des moments agréables d'échanges. Même commentaire pour les visites.

La ville de Tozeur et le tourisme

J'ai parcouru la ville dans tous les sens ! La maison de Fatima et Tayeb est à environ 45 minutes de marche du centre ville, bonne mise en appétit après le retour en fin d'après-midi ...je l'ai fait le premier jour. Le deuxième jour je suis revenu en calèche (pour une somme extrêmement modique), les kilomètres de balade m'ayant relativement épuisé ! Les calèches sont très peu utilisées : en effet, depuis la révolution tunisienne ("révolution de jasmin" est une appellation des occidentaux qui n'est pas particulièrement populaire, lire l'article du Monde) les touristes se font beaucoup trop rares et hôtels, taxis et calèches sont en crise. La part du tourisme dans le PIB tunisien était d'environ 7% avec plus de 11% des emplois. Aujourd'hui de nombreux hôtels sont fermés et le nombre de chômeurs est en forte augmentation. Les Tunisiens souhaitent que les touristes reviennent, le plus vite possible. A Tozeur, l'un des rares hôtels à fonctionner "correctement" est l'hôtel FRAM.

Tozeur est une ville d'environ 30000 habitants. J'ai visité presque tous les quartiers, la palmeraie, le marché, le golf et je me suis intéressé à quelques unes des activités économiques, en tout premier lieu la briqueterie : la ville est construite majoritairement avec des murs en "brique de Tozeur". A la briqueterie 18 artisans sont répartis sur le site, avec chacun un ou deux fours. L'argile se trouve dans les environs et même sur le site même de la briqueterie on trouve l'argile blanche. Celle-ci est mélangée à l'argile rouge, dans de l'eau, puis moulée dans des formes (rectangles et hexagones) puis séchée avant d'être cuite au four pendant environ 24 heures. Les artisans qui bénéficient de ce genre de "concession" sont d'abord des constructeurs et c'est une façon pour eux d'intégrer l'amont en produisant eux-mêmes une partie de leurs matériaux. Ils ont beaucoup de succès et, franchement, leurs briques sont assez "classe"!

Le golf est pour l'instant pratiquement en stand-by. A l'époque de sa construction il avait déclenché une certaine polémique, son emprise comprenant des terrains argileux pourvoyeurs de matière pour la briqueterie. Actuellement quelques employés attendent les clients mais l'entretien est "a minima" et le green assez "éprouvé".

Ce sentiment d'abandon se rencontre sur de nombreux sites touristiques, j'ai mis quelques photos sur l'album mais je n'ai pas voulu insister. D'ailleurs, dans d'autres parties du monde et aussi en France l'état des lieux peut "laisser à désirer" ...je pense subitement à la vieille ville de Grasse, où je suis passé dimanche dernier, qui fait "peine à voir"!

Un peu de politique

J'ai pris le verre de café au lait à la principale terrasse du centre ville, face au marché, et j'ai eu l'occasion d'échanger avec les consommateurs locaux, d'une grande cordialité. Une des réflexions qui m'a le plus étonné de la part de quelques jeunes c'est que la "révolution" ou le semblant de révolution qui se passe actuellement dans le monde arabe n'apportera la liberté que lorsque la femme aura gagné la sienne. Les jeunes ...et les moins jeunes, ne se font pas beaucoup d'illusions ! Apparemment, les élus locaux n'ont pas encore changé et à Tozeur l'arrogance "ancien régime" est toujours de mise!

Par contre les journaux et magazines informent de ce qui se passe à Tunis : le nouveau gouvernement est en plein travail de réforme et une "assemblée constituante" a été désignée. C'est le parti islamiste Ennahda (Mouvement de la Renaissance) qui est majoritaire. Un exemplaire de "projet de constitution" circule sans que l'on sache s'il s'agit du projet d'Ennahda ou non. Ennahda nie avoir sorti son projet qui est encore "à l'étude". Par contre ce projet comporte un article 10, source de polémique, il pose que la charia serait la source principale de la législation! ...les travaux continuent. Le nouveau président Moncef Marzouki travaille aussi ...et a divisé son salaire par 10 : il touche 1500 Euros mensuels contre les 15000 Euros de l'ancien président Ben Ali! ...des idées pour le futur président français, l'actuel ayant eu un comportement inverse (et inacceptable!).

Lire l'excellent article de Jeune Afrique pour mieux connaître Moncef Marzouki.

Un autre article du même numéro de Jeune Afrique, que j'avais acheté sur place, évoque de manière surprenante et directe la campagne présidentielle en France : Présidentielle française : halal, dites-vous ?

Tozeur est située à la porte du grand sud tunisien et est entourée de sites touristiques :

- le Chott el Jérid : une vaste plaine saline d'environ 5000 Km2 ! Une route le traverse, nous l'avons empruntée jusqu'à une petite halte avec quelques objets à l'attention des touristes. Nous avons aussi fait halte à la seule exploitation de sel du Chott, qui réussit à exporter ...et qui garde jalousement ses secrets de process : nous n'avons pas eu le droit de voir réellement l'exploitation ! ...je me contente de la connaissance que j'ai de nos beaux marais salants de Noirmoutier !

- la "Corbeille de Nefta" : Nefta est à une vingtaine de kms de Tozeur, la "Corbeille" est sa magnifique palmeraie en forme de grande corbeille (voir photos). Nous avons assisté au coucher de soleil puis avons visité la vieille ville : très beaui et agréable parcours dans des ruelles typiques jalonnées de porches.

Dattes_deglet_nour.JPG Les dattes de Nefta, comme celles de Tozeur sont de très grande qualité, elles sont de la reine des variétés, la "Deglet Nour" (doigt de lumière). La Tunisie possède plus de 50% des palmiers de la variété Deglet Nour au monde, 1,3 millions. La Deglet Nour est non seulement d'une grande richesse énergétique mais elle est aussi riche en vitamine C. Les montagnards que nous sommes apprécions ces dattes lors de nos randonnées!

...pour permettre aux albertvillois (et même hors des frontières du bassin albertvillois!) d'apprécier les dattes Deglet Nour de Nefta, un de nos amis, Rouchdi Hamda, a monté sa propre entreprise d'importation et nous pouvons trouver ses dattes sous la marque TEMRA à l'épicerie Boubnan, au Champ de Mars et je crois à l'Intermarché. Merci Rouchdi ...j'ai eu l'occasion de rencontrer certains de ses amis à Nefta.

- les palmeraies et cascades de Chebika et de Tamerza : voir les photos et vous comprendrez pourquoi on y passe des moments merveilleux! Remarque : à Tamerza c'est la première cascade, juste avant l'entrée dans la ville, qui est la plus pittoresque, vous pouvez vous dispenser d'aller voir celle qui est juste au-delà du centre ville. 

 

Une nouvelle fois merci à mes hôtes, Fatima et Tayeb pour leur accueil et leur accompagnement, j'espère que cet article donne envie de passer quelques jours en Tozeur (personnellement j'y retournerai en octobre) et n'hésitez pas à les contacter si vous avez un projet ...bonnes vacances!!

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Published by Alain Marçais - dans 03.Relations internationales
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21 mars 2012 3 21 /03 /mars /2012 12:05

 

Lors d'une conférence-débat extrêmement intéressante à Gilly-sur-Isère hier soir sur "internet et la démocratie" j'ai mentionné le cas de ce qui se passe en Islande actuellement, complètement occulté par les médias (plus qu'inquiétant!!) et porté à la connaissance du "monde" seulement grâce à quelques blogueurs. A la sortie de la conférence un de mes amis m'a demandé si cela était sur mon blog ...et non, ça ne l'était pas! Je corrige de suite ce manque à l'information que nous nous devons de connaître et je vous livre ci-après le contenu de quelques blogs qui vont vous permettre d'être informés et d'établir votre propre jugement. Ne pas omettre de lire le "4ème article" (d'après Rue89)  

 

1er article : "Révolution démocratique en Islande, que Vive l'Islande !"

Islande2.jpg

Aussi incroyable que cela puisse paraître, une véritable révolution démocratique et anticapitaliste a lieu en Islande en ce moment même, et personne n’en parle, aucun média ne relaie l’information, vous n’en trouverez presque pas trace sur « Google » : bref, le black-out total. Pourtant, la nature des évènements en cours en Islande est sidérante : Un Peuple qui chasse la droite au pouvoir en assiégeant pacifiquement le palais présidentiel, une « gauche » libérale de remplacement elle aussi évincée des « responsabilités »  parce qu’elle entendait mener la même politique que la droite, un référendum imposé par le Peuple pour déterminer s’il fallait rembourser ou pas les banques capitalistes qui ont plongé par leur irresponsabilité le pays dans la crise, une victoire à 93% imposant le non-remboursement des banques, une nationalisation des banques, et, point d’orgue de ce processus par bien des aspects « révolutionnaire » : l’élection d’une assemblée constituante le 27 novembre 2010, chargée d’écrire les nouvelles lois fondamentales qui traduiront dorénavant la colère populaire contre le capitalisme, et les aspirations du Peuple à une autre société.

Alors que gronde dans l’Europe entière la colère des Peuples pris à la gorge par le rouleau-compresseur capitaliste, l’actualité nous dévoile un autre possible, une histoire en marche susceptible de briser bien des certitudes, et surtout de donner aux luttes qui enflamment l’Europe une perspective : la reconquête démocratique et populaire du pouvoir, au service de la population.

 

 

2ème article : "Révolution populaire en Islande"

(traduit de Deena Stryker et Daily Kos)

Le fait qu'une seule émission de radio italienne (Radio Italia) ait parlé de la révolution en cours en Islande est un témoignage impressionnant du peu que les médias veulent bien nous dire sur le reste du monde. Les nord-américains ont pu se rappeler que, au début de la crise financière de 2008, l'Islande s'était déclarée en faillite. Les raisons n'en ont été abordées que très superficiellement, et depuis, ce membre peu connu de l'Union Européenne est retombé dans l'oubli. Du fait que les pays européens s'effondrent les uns après les autres, mettant l'euro en danger, avec des retombées pour tout le monde, la dernière chose que l’oligarchie dominante souhaite est que le cas de l'Islande se transforme en exemple.

En voici à présent les raisons :

Cinq années d'un régime purement néolibéral ont fait de l'Islande (320 mille habitants et pas d'armée) l'un des pays les plus riches du monde. En 2003, toutes les banques du pays ont été privatisées et, dans le but d'attirer les investisseurs étrangers, elles ont offert des lignes de crédit dont les coûts très bas ont permis des taux de rendement relativement élevés. Les comptes appelés "icesave" attirèrent de nombreux petits investisseurs britanniques et hollandais. Mais, au fur et à mesure que les investissements s'accroissaient, la dette des banques étrangères s'accroissait aussi. En 2003 la dette de l'Islande était égale à 200% de son PIB mais en 2008 elle en atteignait les 900%. La crise financière de 2008 donna le coup de grâce. Les trois principales banques islandaises - Landbanki, Kapthing et Glitnir - firent alors faillite et furent nationalisées, tandis que la couronne islandaise perdit 85% de sa valeur par rapport à l'euro. A la fin de l'année, l'Islande se déclara en faillite.

Contrairement à ce à quoi on pouvait s'attendre, la crise offrit aux Islandais l'opportunité de récupérer leurs droits souverains, par un processus de démocratie directe participative, lequel a finalement abouti, grâce à une persévérance inflexible, à une nouvelle Constitution.

Geir Haarde, le premier ministre du gouvernement de coalition social-démocrate négocia un prêt de 2,1 milliards de dollars, auquel les pays nordiques rajoutèrent 2,5 milliards. Néanmoins, la communauté financière étrangère fit pression sur l'Islande pour imposer des mesures drastiques. Le FMI et l'Union Européenne voulaient prendre le contrôle de sa dette, en arguant qu'il s'agissait du seul moyen pour que le pays s'en aquitte à l'égard des Pays-Bas et de la Grande- Bretagne, lesquels s'étaient engagés à rembourser leurs citoyens.

Les protestations et les désordres se poursuivirent et, finalement, contraignirent le gouvernement à démissionner. Les élections, anticipées à avril 2009, aboutirent à la victoire d'une coalition de gauche qui condamnait le système économique néolibéral. Mais, dans l'immédiat, cette coalition céda aux pressions exercées sur l'Islande afin qu'elle s'aquittât de ses 3,5 millards d'euros de dette. Cela impliquait que chaque citoyen islandais payât 100 euros par mois pendant 15 ans, avec un taux d'intérêt de 5,5%, alors que la dette avait été contractée par le secteur privé. Ce fut la goutte d'eau qui fit déborder le vase.

Ce qui s'est passé ensuite est extraordinaire. La croyance que les citoyens devaient payer pour les erreurs d'un monopole financier, et que toute une nation devrait se voir imposer le paiement de dettes privées, tomba en morceaux. Ce qui aboutit à une transformation de la relation entre les citoyens et leurs institutions politiques, et conduisit finalement les dirigeants de l'Islande à se ranger du côté de leurs électeurs. Le chef d'Etat, Olafur Ragnar Grimsson, se refusa à ratifier la loi qui rendait les citoyens islandais responsables de la dette bancaire d'Etat, et accepta les appels lancés pour un référendum.

Evidemment, la Communauté internationale ne fit qu'augmenter la pression sur l'Islande. La Grande- Bretagne et les Pays-Bas la menacèrent de représailles terribles et d'isoler le pays. Pendant que les Islandais se rendaient aux urnes, les banquiers étrangers menacèrent de bloquer toute aide du FMI. Le gouvernement Britannique menaça de geler les épargnes et les comptes courants islandais. Comme le disait Grimsson, "nous avons dit que si nous nous refusions à accepter les conditions de la Communauté internationale nous deviendrions le Cuba du nord. Mais, si nous avions accepté, nous serions devenus le Haïti du Nord". Combien de fois ai-je écrit que, quand les Cubains voient l'état lamentable de leurs voisins d'Haïti, ils peuvent se considérer comme chanceux ?

Lors du référendum de mars 2010, 93% de la population votèrent contre le remboursement de la dette. Le FMI gela immédiatement ses prêts. Mais la révolution (qui n'avait pas encore été retransmise aux USA) ne se laissa pas intimider. Avec l'appui d'une population furieuse, le gouvernement poussa à des enquêtes civiles et criminelles concernant les responsables de la crise financières. Interpol émit un ordre international de mise en détention pour l'ex-président de Kaupthing, Sigurdur Einarsson, ainsi que pour les autres banquiers impliqués qui quittèrent le pays.

Mais les Islandais n'en restèrent pas là : Il fut décidé de rédiger une nouvelle Constitution pour libérer le pays du pouvoir exagéré de la finance internationale et de l'argent virtuel. Celle qui était en vigueur avait été écrite à l'époque où l'Irlande avait obtenu son indépendance du Danemark, en 1918, l'unique différence avec la constitution danoise étant que le mot "Roi" avait été remplacé par celui de "Président".

Pour écrire la nouvelle Constitution, le peuple Islandais élut 25 citoyens parmi 522 adultes qui n'appartenaient à aucun parti politique, mais qui étaient recommandés par au moins trente personnes. Ce document ne fut pas l'œuvre d'une poignée de politiciens, mais fut rédigé sur internet. Les réunions des électeurs furent diffusées en ligne, et les citoyens purent envoyer leurs commentaires et suggestions, du fait qu'ils étaient les témoins de ce document au fur et à mesure qu'il prenait forme. La Constitution qui émergera de ce processus de démocratie participative sera présentée pour approbation au Parlement, après les prochaines élections.

Certains lecteurs se souviendront de l'effondrement agraire de l'Islande au IXème siècle, mentionné dans le livre de Jared Diamond. Aujourd'hui, ce pays est en train de se remettre de son effondrement financier mais d'une manière totalement opposée à ce qui était considéré comme inévitable. Comme l'a confirmé hier la nouvelle directrice du FMI, Chistine Lagarde, a Fared Zakrie. Ils dirent au peuple grec que la privatisation de son secteur public était l'unique solution. L'Italie, L'Espagne et le Portugal font face à la même menace.

On devrait regarder du côté de l'Islande. En refusant de se soumettre aux intérêts étrangers, le pays a indiqué clairement que le peuple est souverain.

 

 

Islande1.jpg

 

3ème article : "L’avenir de l’Islande"

À l’instar d’une petite poignée d’autres pays, la « terre de glace et de feu » réalise de grandes avancées: après avoir poussé le gouvernement au pouvoir rongé par la corruption à se retirer, mis les responsables de la crise financière derrière barreaux, entrepris de rédiger une nouvelle Constitution participative, le pays se trouve face à des perspectives de prospérité.

 Dans un contexte de forte crise économique en Europe, l’État insulaire pourrait devenir cette année le pays occidental le plus prospère.

 Ses habitants ont réussi à créer quelque chose que l’on pourrait qualifier d’effet exemple, montrant ainsi comment les choses doivent être faites. Tout est parti des émeutes de 2008, qui, grâce à la force d’une nation toute entière, ont transformé ce que l’on considérait comme une crise en une incroyable opportunité.

 Aujourd’hui, d’après les chiffres avancés par la Commission Européenne, il s’avère que l’Islande clôture l’année 2011 avec une croissance de 2,1 % ; il est même prévu qu’elle enregistre en 2012 une croissance pouvant aller jusqu’à 1,5%, un chiffre trois fois supérieur aux prévisions pour les pays de la zone euro. Cette tendance à la hausse pourrait ne pas s’arrêter là, et la croissance pourrait atteindre les 2,7 % en 2013. Plus important encore : des emplois se créent à nouveau dans le pays et la dette publique décroit de manière significative. Cet État insulaire de l’océan Arctique a refusé de porter secours aux banques. Il les a laissées s’effondrer et a fait comparaître devant la justice les responsables de dommages et autres abus financiers, et ce grâce aux efforts obstinés du mouvement social. Il s’agit d’un peuple qui a été capable de commencer à écrire son propre avenir sans rester à la merci de ce qui se décide dans des bureaux complètement déconnectés des réalités citoyennes. Et ce, même s’il reste des difficultés à surmonter et des zones d’ombre à éclairer.

La révolution islandaise n’a, d’autre part, fait aucune autre victime que les hommes politiques ou les financiers. Aucune goutte de sang n’a été versée. Et bien que cette révolution n’ait pas eu autant de visibilité que celles du Printemps arabe, et que l’information n’ait pas été relayée avec la même vigueur par les médias internationaux, elle a atteint ses objectifs de manière claire et exemplaire. Aujourd’hui, l’Islande peut être considérée comme un exemple pour les indignés européens et espagnols, tout comme pour les mouvements Occupy qui ont lieu dans de nombreuses villes nord-américaines ; elle peut être considérée comme un exemple pour tous ceux qui militent pour la justice sociale, et plus particulièrement pour la justice économique, dans le monde entier.


 

4ème article : La « révolution démocratique » en Islande tient du fantasme

Pascal Riché

S'il a choisi des solutions originales après l'effondrement de son économie, le pays n'est pas devenu un paradis anticapitaliste.

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Johanna Sigurdardottir, premier ministre islandais, lors d'un meeting après l'élection législative (Bob Strong/Reuters)

Nationalisations du système bancaire, chute de la droite, pressions de la haute finance repoussées par référendum, assemblée constituante... Depuis quelques jours, bizarrement, nous sommes bombardés d'e-mails s'enthousiasmant sur la « révolution démocratique anticapitaliste » qui aurait lieu en Islande, et dont les succès seraient déjà palpables.

Dans ces courriers, on nous renvoie à certains articles enflammés, comme une note qui décrit pas moins qu'une « révolution en marche, à faire circuler le plus largement possible, puisqu'on ne doit compter sur aucun média pour le faire à notre place ». Bigre.

Les Islandais que j'ai appelés sont assez surpris de cette présentation. Ils s'accordent pour qualifier de fantasme ce prétendu rejet du capitalisme par le peuple.

La population de cette île reste attachée à l'économie de marché, et l'économie et la constitution sont bouleversées, m'expliquent-ils, ce n'est pas pour abandonner le système existant, c'est pour le régénérer : « Mes compatriotes sont plutôt schumpéteriens de nature, adeptes de la « destruction créatrice », précise l'un d'entre eux.

Le président de l'association France-Islande, Jean Le Tellier, relativise en outre l'intérêt de présenter en modèle les initiatives islandaises :

« L'Islande, c'est 300 000 habitants, c'est moins que la ville de Metz. Comparer sa gouvernance à celle de la France ou des Etats-Unis n'a pas grand sens “.

Economie : une timide reprise, pas de miracle

Aujourd'hui, l'Islande, dont l'économie a été entièrement ravagée par la crise financière, retrouve un peu d'espoir. Mais le pays n'est pas encore sorti de la récession.

Au troisième trimestre, pour la première fois depuis 2008, l'Islande a certes affiché un PIB supérieur à celui du trimestre précédent : +1,2%. Cependant, la croissance, qu'on mesure d'une année sur l'autre, n'est pas encore au rendez-vous : le PIB a baissé de 2,1% pendant ce même trimestre si on le compare au même trimestre de l'année précédente...

Personne n'attend des miracles à court terme, notamment en raison des difficultés que rencontrent les entreprises pour se financer. Le FMI, en novembre 2008, avait injecté 2,1 milliards de dollars pour aider au redémarrage, une somme très insuffisante.

Mais ce qui est intéressant, ce sont les recettes utilisés, différentes des autres pays européens, à commencer par l'Irlande et la Grèce. Elles tiennent en deux termes qui n'ont pas bonne presse : nationalisation et dévaluation.

Trois grandes banques en faillite et nationalisées

L'Islande, en octobre 2008, n'a pas sauvé la peau des actionnaires de ses trois grandes banques : Kaupthing, Glitnir et Landsbanki. Elles se sont effondrées, et l'Etat les a purement et simplement nationalisées.

L'Etat a indemnisé les déposants islandais, mais pas les étrangers. Ce qui a fâché deux pays : la Grande Bretagne et les Pays Bas, dont de nombreux épargnants (400 000) avaient investi dans les produits de la banque en ligne Icesave, filiale de Landesbanki. En jeu : près de 2,7 milliards d'euros.

Les gouvernements britanniques et néerlandais ont indemnisé ‘leurs’ épargnants, pour éviter leur ruine. Mais ils ont envoyé la note à Reykjavik, en lui proposant un crédit rémunéré à 5,5%. En octobre 2009, un accord a été trouvé et a été approuvé par le Parlement islandais.

Surprise, le président de la République, Olafur Ragnar, auquel la constitution donne pourtant très peu de pouvoir, a tiqué : il a refusé de promulguer la loi. En mars, un référendum a été organisé sur le sujet : 60% des électeurs se sont déplacés et 93% d’entre eux ont rejeté les modalités du remboursement de la dette aux Britanniques et Néerlandais.

Un nouvel arrangement a depuis été trouvé avec Londres et Amsterdam. Car l'Islande, candidate à l'adhésion à l'Union européenne, ne veut pas se fâcher à jamais avec deux de ses membres... L'accord porte désormais sur un prêt à environ 3%. Il doit encore être avalisé par le parlement islandais.

La monnaie dévaluée pour relancer les exportations 

L'Islande a laissé filer sa monnaie, la couronne. Elle a perdu près de 50% face au dollar. Les exportations sont donc reparties : le poisson, bien sûr, mais aussi l'aluminium -une grande spécialité industrielle de l'île : sa production demande des ressources énergétiques importantes, ce dont dispose le pays.

Le tourisme aussi va mieux : ses recettes se sont accrues de 7%. Il a été bien aidé, il est vrai, par le volcan Eyjafjallajökull, dont le panache a attiré l'attention de la planète en avril 2010.

Un pouvoir qui passe à gauche

La crise a bousculé le jeu politique islandais. En janvier 2009, des milliers d'Islandais manifestent autour de leur parlement, l'Althing, armés de bruyants ustensiles de cuisine : des gens qui perdaient leur emploi, leur logement, pendant que leurs élus débattaient du fait de savoir si les supermarchés pouvaient ou non vendre de l'alcool.

Déjà affaibli par l'effondrement des banques, ces manifestations achèvent de déstabiliser le gouvernement ; le Premier ministre annonce alors sa démission, invoquant des raisons de santé.

Lors des élections d'avril 2009, une majorité de gauche, composée de socio-démocrates et du parti ‘gauche verte’, est élue. C'est une première en Islande, pays traditionnellement gouverné au centre droit. Une femme, Johanna Siguroardottir, prend la tête du gouvernement, une autre première dans ce pays (qui a cependant eu une présidente pendant 16 ans, Vigdis Finnbogadottir).

Mais le coup de barre est modéré : les socio-démocrates sont pro-marché et pro-Europe. Le programme discuté avec le FMI se poursuit, et le gouvernement engage en juillet des négociations pour adhérer à l'Union européenne.

Une réforme de la Constitution

Dans le programme de la gauche, il était question d'une réforme de la constitution, notamment pour redéfinir les pouvoirs du président de la République. Cette initiative n'est pas une grosse surprise politique, comme l'explique au téléphone le politologue Eirikur Bergmann, directeur du centre pour les études européennes à l'université de Bifröst :

‘Notre constitution de 1944 était calquée sur celle du Danemark ; depuis des années, nous prévoyions de la changer, pour nous doter d'une constitution propre à l'Islande. Nous avons repoussé le projet plusieurs fois. La crise de nos banques a servi d'opportunité pour se lancer.

C'est un peu comme dans la vie, les crises vous forcent à la réflexion sur vous-même. Mais ce travail constituant n'a rien à voir, sur le fond, avec la crise financière.’

Une assemblée constituante, composée de 25 personnes, est élue le 27 novembre 2010. N'importe qui pouvait se présenter à cette élection.

Plus de 520 candidats l'ont fait, de tous horizons. Les élus sont des universitaires, des juristes, des journalistes ; on compte aussi un syndicaliste, un agriculteur, un pasteur, un metteur en scène...

La participation à l'élection de cette assemblée des 25, cependant, n'a pas été énorme : seulement 36% des électeurs se sont déplacés, ce qui a été analysé comme un revers pour le nouveau gouvernement, et comme le signe d'un désintérêt pour ce toilettage constitutionnel.

La commission doit plancher sur la réforme à partir de mi-février et fournir un texte dans le courant de l'été. Il devra être voté par le parlement et sera soumis au réferendum en 2012.

Remous autour des règles du FMI et de l'adhésion à l'UE

Pendant ce temps, le gouvernement de Johanna Siguroardottir s'escrime à respecter les règles dictées par le FMI, ce qui ne fait rien pour accroître sa popularité. Mais ces ‘ajustements’, comme dit pudiquement le fonds, ne s'accompagnent pas de manifestations : la population semble s'être résignée à avaler la potion amère.

Le gouvernement de gauche connait cependant de nombreuses turbulences et tiraillements. En ce moment, c'est la candidature à l'Union européenne qui crée des remous : selon les sondages, la population n'y est pas favorable (‘mais dans les sondages, l'adhésion à l'UE est très erratique en Islande, variant selon les périodes de 30% à 90%’, tempère Bergmann).

Au parlement, à plusieurs reprise, les ‘verts de gauche’ se sont désolidarisés d'un pouvoir jugé trop centriste sur la question européenne comme sur d'autres. ‘Ce gouvernement est en crise depuis sa prise de fonction’, résume Bergmann.

 On est donc loin du conte de fée qui circule sur le net. L'Islande ne vit pas une alternative réussie et harmonieuse au capitalisme, mais une suite de tâtonnements confus, douloureux et résignés... en restant dans les rails du FMI.

 

 

 

 

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Published by Alain Marçais - dans 03.Relations internationales
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21 juillet 2011 4 21 /07 /juillet /2011 17:42

photo FH

 

Je reproduis ici un article du Comité de soutien à la journaliste Florence HARTMANN dont une condamnation scandaleuse par le Tribunal Pénal International pour l'ex-Yougoslavie a été confirmée, hier, en appel. 

On ne peut même plus faire confiance au Tribunal Pénal International!! ...mais où va-t-on?

 

Pour mieux comprendre et éventuellement signer la novelle pétition :

lien avec le Comité de soutien

 

Le Tribunal Pénal International pour l'ex-Yougoslavie  a, mercredi 20 juillet 2011, confirmé en appel la condamnation pour outrage au Tribunal de Florence Hartmann, assortie d’une amende de 7 000 euros comme en première instance. La journaliste et ancienne porte-parole du procureur du TPIY dénonce un verdict contraire aux règles internationalement reconnues et à la Convention Européenne des Droits de l'Homme. Par cette décision, le TPIY a montré qu’il ne renonce pas à recourir à la censure pour empêcher toute forme de critique à l’encontre des juges internationaux. 

En condamnant ainsi Florence Hartmann sans même une audience, par un jugement  rendu à la sauvette à quelques jours des vacances judiciaires, le TPIY vient de confirmer les craintes de ses plus fervents défenseurs et de justifier les critiques de ses adversaires les plus acharnés : OUI, la Justice Internationale obéit à des intérêts politiques bien étrangers aux missions qui lui ont été assignées, NON, elle n’a pas pour seul objectif d’établir la vérité afin que les conditions d’une paix durable soient établies. 

NOUS NE POUVONS ACCEPTER CE JUGEMENT ET IL S'AGIT DÈS MAINTENANT DE LE CONTESTER DEVANT TOUTES LES AUTORITÉS COMPÉTENTES.

FLORENCE HARTMANN DÉFINIRA SA STRATÉGIE AVEC SES CONSEILS. DE NOTRE CÔTÉ NOUS NE POUVONS QUE LUI RÉAFFIRMER NOTRE SOUTIEN INCONDITIONNEL DANS LES ACTIONS QU'ELLE ENTREPRENDRA. 

Rappel

Fin août 2008, Florence Hartmann avait été inculpée par le TPIY d’outrage au Tribunal, c’est à dire d’entrave à la justice (contempt of court). Elle était accusée d’avoir révélé non pas l’existence d’un accord entre le Tribunal et la Serbie, dévoilé avant elle par d’autres journalistes,  - et dont l’objet était de placer sous le sceau du secret les passages les plus compromettante des archives de guerre de Belgrade des années 90 -, mais d’avoir précisé, contrairement aux autres journalistes, les dates et les conditions de cet accord et identifié ses signataires. 

Cet accord conclu entre les juges du TPI et les représentants de la Serbie devait rester secret. Son existence avait cependant été rapidement mentionnée dans plusieurs décisions publiques du TPIY. Et au printemps 2007, la presse internationale avait dénoncé  cet accord qui rendait non seulement inaccessible la vérité historique contenue dans les archives de guerre du Conseil Suprême de Défense mais, qui plus est, privait les victimes de toute possibilité de citer ces documents pour faire valoir auprès de la Serbie leur droit à des réparations. 

Quelques mois plus tard, dans son ouvrage sur les Tribunaux pénaux internationaux pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) et le Rwanda (TPIR), Paix et Châtiment, les guerres secrètes entre la justice et la politique internationales, publié chez Flammarion en septembre 2007, puis dans un article en anglais (Vital genocide documents concealed, publié en janvier 2008 par le Bosnian Institute de Londres), Florence Hartmann était revenue sur le sujet et avait reconstitué les différentes étapes de l’accord contesté. 

Elle démontrait tout d’abord que les Juges du TPIY avaient abusé de leur pouvoir discrétionnaire lorsqu’ils avaient privilégié de manière infondée et disproportionnée les intérêts d’un Etat, la Serbie, aux dépens des droits fondamentaux du public et des victimes. Elle indiquait par ailleurs que malgré la reconnaissance par les juges de cet abus,  la Chambre d’appel avait décidé de fermer les yeux afin de satisfaire aux exigences de la Serbie qui s’opposait alors à ce que les preuves de son implication dans la guerre et les crimes en Bosnie-Herzégovine tombent dans le domaine public. 

Le 14 septembre 2009, Florence Hartmann était condamnée au pénal à 7 000 euros d’amende. Elle avait fait immédiatement appel de ce jugement qui contestait l’indispensable publicité de toute procédure pénale ainsi que la protection spéciale et accrue, garantie par la législation internationale en matière de liberté d’expression, de discuter de sujets d’intérêt public ou d’intérêt général. 

Le jugement reconnaissait que l’accord secret conclu entre les juges du TPIY et l’Etat serbe avait été préalablement dévoilé par la presse internationale, qu’aucun journaliste n’avait été pénalisé pour en avoir révélé l’existence mais condamnait Florence Hartmann pour avoir apporté « certaines informations qui n’étaient pas tombées dans le domaine public » (paragraphe 33 du jugement de première instance) sans pour autant les énumérer. 

Dans le cadre de la procédure d’appel, l’ONG internationale Article 19, spécialisée dans la législation internationale en matière de liberté d’informer, avait agi en tant qu’ami de la Cour (Amicus Curiae) et soumis à la Chambre d’appel un aide-mémoire des principes généralement reconnus par la Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH) et par la législation internationale relative aux Droits de l’Homme dans ce domaine. 

En première instance, Florence Hartmann n'a pas été condamnée en tant qu’ancienne porte-parole du procureur du TPIY (2000-2006)  mais bien en tant qu'auteur des écrits incriminés, et donc en tant que journaliste et écrivain d'investigation. Elle n’a jamais été poursuivie pour violation du devoir de réserve. Le TPIY n'a jamais nié que les informations avaient été obtenues de façon légitime en dehors du Tribunal et après que Florence Hartmann a quitté le Tribunal.

Près de deux ans se sont écoulés entre le jugement de première instance et la notification du jugement en appel, période inhabituellement longue pendant laquelle Florence Hartmann, condamnée au pénal, n’a pu jouir de son droit à la présomption d’innocence. Dans l’intervalle,  l’accord entre la Serbie et les juges du Tribunal était devenu caduc après que Belgrade a renoncé à exiger que soient maintenus sous le sceau du secret les passages les plus compromettants de ses archives du Conseil Suprême de Défense. Au printemps 2011, les juges du Tribunal avaient rendu publiques ces archives. 

Ancienne journaliste du Monde, Florence Hartmann avait couvert dans les années 90 la guerre dans les Balkans et signé un premier ouvrage sur Milosevic en 1999 (Milosevic, la diagonale du fou, chez Denoël). En 2006, elle avait été témoin de l’accusation à l’encontre de Veselin Sljivancanin, condamné par le TPIY à 10 ans de prison pour sa responsabilité dans le massacre de Ovcara, après la chute de Vukovar en 1991.

Le respect de la jurisprudence internationale aurait voulu que Madame Hartmann ne soit pas mise en accusation pour avoir exercé son droit le plus strict d’informer, notamment sur le fonctionnement du système judiciaire pénal, droit qui l’autorise à divulguer des informations d’intérêt général quand bien même confidentielles à l’origine, dès lors qu’elles sont déjà connues en partie du public. Florence Hartmann avait reçu le soutien de nombreuses personnalités à travers le monde.

Les jurisprudences européennes et américaines s'accordent sur le fait que les journalistes ne peuvent pas être tenus de taire des informations qu’une institution considère confidentielles si ces informations sont déjà, en partie ou en totalité, dans le domaine public. En condamnant Florence Hartmann en appel, le Tribunal a donc en toute connaissance de cause choisi de créer un précédent qui contredit les lois applicables dans le monde démocratique. Par la nature de son statut d'autorité internationale, le TPIY a en ce jour créé un précédent juridique ayant valeur normative qui peut, dès lors, être légitimement invoqué pour restreindre la liberté d'expression en lieu et place des standards internationaux jusqu’ici en vigueur. En conséquence, il y aura désormais un conflit entre cette nouvelle jurisprudence internationale et les règles établies notamment par la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) concernant l'article 10 [de la Convention Européenne des Droits de l'Homme].

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28 juin 2011 2 28 /06 /juin /2011 18:03

8OFF04 

Dimanche matin 26 juin, à 9h30 - à l'heure exacte prévue au programme - les 25 Vététistes du "Raid vert transalpin Innsbrück-Albertville" ont pris le départ de "l'évènement vététiste de la Fédération Française de Cyclotourisme" (FFCT).

Vendredi soir, à 22h, les concurrents embarquaient à bord d'un autocar de la compagnie Faure Tourisme pour un voyage de nuit devant les amener à Innsbrück samedi au petit matin.

 

 

Cliquer sur la photo ou le lien ci-dessous pour voir l'album des photos que j'ai prises vendredi soir, puis lors de mon trajet en train pour les rejoindre et enfin sur place pour les temps forts, dont le départ. Je tiens à préciser que, d'une part de nombreuses photos ont été prises au travers des fenêtres vitrées du train et que d'autre part je ne suis qu'un "amateur" en matière de prise de vues, aussi je vous demande d'excuser la qualité (ou non qualité) des photos. 

Raid Vert Innsbruck-Albertville Raid Vert Innsbruck-Albertville

 

Le train c'est bien!

Lever à 4h30 samedi matin pour me rendre à la gare CFF de Genève aéroport pour prendre le train de 7h36 à destination d'Innsbrück, via un court changement à Zurich.

Tout est fermé à la gare de Genève aéroport, pas même un café. L'ouverture de quelques estaminets et magasins est prévue pour 7h30. Une ouverture "anticipée" du kiosque journaux me permet d'acheter "Le Temps" avant de rejoindre le bon quai. Pas de guichet ouvert non plus ...j'aurai aimé vérifier que mes billets achetés sur internet ("sénior" + non échangeables et non remboursables, pour bénéficier d'un prix attractif) étaient OK ...la suite du parcours ne m'a créé aucun souci. 

Le parcours en train est des plus agréables : un peu de repos, la lecture du Dauphiné que j'avais trouvé dans ma boîte avant de partir (Merci Mr le porteur de journaux!), celle du quotidien francophone Le Temps ...et la vue des paysages suisses.

Surprise en cours de route, à la gare de Sargans le contrôleur annonce un retard de 4 minutes ...et se confond en excuses!! Que de progrès à faire chez notre SNCF!

Douze minutes pour changer à Zurich et aucun problème pour trouver le bon quai.

La réservation était obligatoire dans le Zurich-Innsbrück (dont le terminus est Vienne). Depuis ma place un écran m'indique le trajet, là où nous sommes, la vitesse à laquelle nous roulons et les horaires prévus aux différents arrêts suivants (...je pense encore à notre SNCF!).

Le paysage autrichien est de toute beauté, je n'ai qu'à en profiter, pas de cadran automobile à contrôler, pas de virages ou dépassements à anticiper, pas de carburant ni de péage à m'occuper : vive les moyens de transports collectifs!

Je continue de temps en temps à m'informer sur la négociation entre Démocrates et Républicains sur le report d'une date limite concernant la dette (colossale) des Etats-Unis, sur le magnifique parcours de l'équipe suisse des moins de 21 ans qui jouent le soir même la finale de la Coupe d'Europe de football contre l'Espagne, à lire aussi toute une page consacrée à "Vouloir tout évaluer, une dangereuse utopie?". Vive le train, je n'aurai pas pu apprendre tout ça si j'avais choisi de venir en automobile! Au passage, pour ceux qui ne connaissent pas, le quotidien Le Temps est à la Suisse ce que Le Monde est à la France, d'ailleurs il y a un représentant du Monde au Conseil d'administration du Temps.

L'heure avance, c'est même l'heure du déjeuner, avant de penser à l'arrivée à Innsbrück prévue à 14h06. Une goulasch et une omelette avec un peu de vin rouge autrichien feront l'affaire. Excellent déjeuner, tout en contemplant les magnifiques paysages autrichiens qui défilent à l'extérieur. Vive le train!

Arrivée à 14h06 pétantes à la gare de Vienne. Je me renseigne au guichet information/tourisme où on me donne un plan et le chemin pour me rendre à pied à l'hôtel Austria Trend Congress.

 

Innsbrück, une très belle ville

25 minutes plus tard j'arrive à l'hôtel et y retrouve mes amis vététistes, sortis de briefing et se préparant pour une visite de la ville.

Le groupe est assisté de plusieurs responsables de la FFCT sous l'autorité de Jean-Michel Bouillerot, président de la Commission Nationale VTT.

15h : départ pour une visite de la ville avec un guide de l'office de tourisme parlant français comme vous et moi.

Première partie : le funiculaire nous emmène sur la montagne Nordketter, où l'hiver des pistes sont plutôt destinées au ski en famille. A cette époque nous avons croisé quelques vététistes épris de descente et aperçu quelques moutons. Il fait un peu froid mais chacun a prévu les vêtements en conséquence.

On aperçoit à la limite nord de la ville les tremplins de saut construits lors des Jeux Olympiques (1964 puis 1976). Le même maire a obtenu 2 fois les Jeux Olympiques pendant ses mandatures! En janvier 2012, juste avant que nous célébrions les 20 ans des Jeux d'Albertville, Innsbrück sera le théatre des premiers Jeux Olympiques d'Hiver Jeunes. Les premiers Jeux Olympiques Jeunes d'été ont eu lieu à Singapour il y a 2 ans. 

Deuxième partie : la visite de la vielle ville. Après avoir longé les jardins impériaux nous croisons un cortège de mariage, couleur locale, avec un ensemble musical traditionnel en tête, devant les mariés :

Mariage Innsbruck Mariage Innsbruck  

En face du palais impérial nous voyons les préparatifs de l'aire de départ du lendemain.

Ensuite, visite de la cathédrale baroque. Je crois que j'ai vu de nombreux participants déposer des bougies ...pour s'assurer de franchir les 26 étapes en super forme!?

Enfin arrivée plein centre de la vieille ville devant le célèbre Toit d'or!

Temps libre avant de se retrouver pour la réception à l'ancien Hôtel de Ville.

 

Une vidéo amateur pour retrouver la vieille ville (le son est surperflu, voire gênant) : 

Le RLP (réglement local de publicité) d'Innsbrück :

Alors que nous sommes, à Albertville, en phase finale d'adoption de notre réglement local de publicité, avec des contraintes de limitation de tous les affichages et des enseignes, on se rend compte en visitant cette ville touristique d'Innsbrück, que les affiches prolifèrent de manière plus ou moins désordonnée, en particulier sur les lampadaires, les rambardes et les clôtures. Cela me reste en questionnement... 

 

17h30 : réception à l'ancien Hôtel de Ville :

Le directeur de l'Office de Tourisme d'Innsbrük, Fritz Kraft et son adjointe Sylvana Giuliani font un excellent accueil à la délégation française. Quelques hôtesses de l'Office ont revêtu les habits traditionnels et tous les participants ont apprécié ce symbole. L'une d'elles rejoindra les vététistes pour parcourir la dernière étape en Autriche avec eux.

Première prise de contact aussi avec Guillaume (je ne suis plus sûr du prénom), excellent et reconnu guide de haute montagne (et vététiste), qui connaît les moindres recoins des sentiers du Tyrol, mis à la disposition du groupe par l'Office de Tourisme d'Innsbrück pour le parcours autrichien.

Les calories sont présentes sur un sympathique buffet et accompagnent le verre de l'Amitié entre les Fédérations et les Villes. 

 

L' Austria Trend Congress Hotel :

Bon hôtel choisi par la Fédération Française de Cyclotourisme pour le départ du raid.

20h : dîner, très autrichien, avec wiener schnitzel (escalope viennoise) et appfle strudel.

Dimanche, 7h30 : petit déjeuner

 

Le départ :

Direction l'aire de départ. Le timing prévu est : les allocutions à partir de 8h45 puis le départ, à 9h30 pour un tour en ville puis un vrai départ officiel.

La "Stadt Kapell" est là, très tôt, en costume régional. Un air d'accueil puis les prises de parole s'enchaînent comme prévu, avec Fritz comme animateur : il est aussi très bien dans ce rôle!

En fin de mon intervention, débutée par des remerciements aux organisateurs et à nos hôtes,  j'encourage les 25 participants pour leur périple et tout particulièrement nos 2 Albertvillois Laurent Perruche et Olivier Dauteuil.

Lucas Krackl 

Je fais la connaissance de Lucas Krackl, le Conseiller Municipal D'Innsbrück délégué aux sports, un garçon emminement sympathique! Nous échangeons en Anglais, je lui offre le cadeau que j'avais apporté pour lui, un beau livre sur la Savoie ..." mais cela ressemble beaucoup au Tyrol!!"  ...il apprécie. J'en profite pour lui suggérer de venir à Albertville pour l'arrivée du raid le 23 juillet ...et je ne désespère pas qu'il vienne avec quelques personnes d'Innsbrück pour l'évènement.

Fritz et lui rêvent d'un départ du Tour de France d'Innsbrück ...un jour (proche, si possible).

 

9h30 : après les interventions et intermèdes musicaux le groupe de vététistes s'élance pour 4 Km en ville. Jean-Michel Bouillerot fait le tour en ville avec eux.

Au retour, prise des sacs à dos et rangement derrière le ruban rouge.

Lucas et moi donnons le départ vers 9h45! Ils sont partis!! ...pour 1400 Km et 44000 M de dénivelé!

 

Le retour :

Après un café pris avec les responsables présents, direction l'hôtel puis la gare, pour prendre le train de retour. Une relative surprise depuis le quai de la gare : les tremplins de ski sont là tout proche et donnent l'impression que les sauteurs doivent arriver directement sur ces quais!

Même voyage agréable jusqu'à Zurich puis Genève, avec un horaire respecté "à la minute près" et, entre autre la lecture du livre de mon ami Jean Rosset "Un hérisson en espadrilles" (--> voir article précédent) 

 

Rendez-vous le 23 juillet pour fêter leur arrivée au mât olympique à partir de 16h30. Je re-préciserai les horaires et programmes. 


  

 

 

 

 

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11 mai 2011 3 11 /05 /mai /2011 15:25

CIA Logo J'ai parcouru le monde pendant de nombreuses années pour exporter les produits longs inoxydables d'Ugitech.

Parmi les nombreux documents et bases de données couvrant l'ensemble des destinations mondiales, le World Factbook de la CIA, édité avec une sélection de données communicables au grand public, était une de mes sources principales de renseignements.

Pour me permettre les échanges lors des diverses rencontres et réunions avec le monde des affaires je jugeais indispensable de connaître un minimum de thèmes essentiels concernant le pays de mes hôtes.

Ainsi, le World Factbok vous présente, entre autres :

- le drapeau, la géographie et la carte du pays,

- l'histoire dont son histoire récente, le gouvernement, les partis politiques, les conflits éventuels,

- la population, les langues, les ethnies, les religions,

- l'économie, les ressources essentielles, les importations, les exportations, les taux bancaires...,

Le World Factbook contient beaucoup d'autres données qui m'intéressaient moins de manière immédiate, comme le nombre d'aérodromes (la France en a 475!!), de bateaux, le nombre de téléphones portables, l'âge moyen de l'armée, le taux de fécondité, le taux de malades du SIDA ...etc

C'est pour vous faire partager l'information et vous permettre d'accéder à ces données que je publie cet article ...et que je vous donne le lien :

World Factbook

Pour télécharger

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30 mars 2011 3 30 /03 /mars /2011 16:07

Willi Halder Dans le cadre des élections au parlement du land de Bade-Wurtemberg ce week-end, qui a vu le renversement du CDU (Chrétiens Démocrates) et la brillante victoire des Verts et du SPD, notre ami Willi Halder a été élu.

Willi est membre de la liste "Alternativene und grûne list" (Verts) de Winnenden. 

Il est libraire dans la "vie civile" et nous avons eu l'occasion de le rencontrer plusieurs fois depuis 2008.

Pour information, la région Rhône Alpes est "jumelée" avec le land de Bade Wurtemberg depuis 1986. Le "couple a été rejoint ensuite par la Catalogne et la Lombardie au sein de "Quatre moteurs pour l'Europe".

Le land de Bade-Wurtemberg est une vraie grande région d'Europe et même la plus exportatrice au monde!

Son budget est d'environ 35 Milliards d'Euros (celui de la région Rhône Alpes est de 2,4 Milliards d'Euros) et son parlement, installé à Stuttgart, compte 139 députés (Rhône Alpes compte 157 conseillers régionaux).

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