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Alain Marçais :

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4 novembre 2011 5 04 /11 /novembre /2011 09:59

Une vidéo publiée sur le site http://www.mrquelquesminutes.fr/ , il y a un mois, a déjà été visionnée plus de 150000 fois, elle suscite des commentaires.

Cette vidéo a d'abord le mérite d'exister et nous apporte un support d'information intéressant sur un sujet, la dette publique, dont les gouvernants, par peur, se préoccupent enfin et dont les populations vont être amenées à subir les conséquences.

Le fait d'avoir été visionné autant de fois montre bien l'intérêt des "citoyens" au débat, à l'information, à être considérés comme dignes de cette information plutôt que de subir l'abétissement dans lequel on veut les "interner" au travers d'émissions de télé-réalité ou de pub poussant à l'ultra-consommation.

Bien sûr cette vidéo est loin d'être parfaite, elle présente des raccourcis discutables ...mais justement, discutons!

Je vous fais part, d'abord, des commentaires du site de Terra eco , puis j'ajouterai un court commentaire personnel :  

 

 

Commentaires de Terra eco :

Séduisante, une vidéo publiée sur le net propose de comprendre le phénomène de la dette en 10 minutes… au prix de quelques raccourcis. Terra eco a décrypté pour vous ces images avec deux économistes.

« Comprendre la dette publique en quelques minutes ». C’est ce que promet une vidéo diffusée fin septembre , et visionnée plus de 140 000 fois. Alors que la crise de la dette semble insoluble, le défi est pour le moins ambitieux. Terra eco a passé au crible les questions et les réponses de cette vidéo avec Gunther Capelle-Blancard, directeur-adjoint du Centre d’études prospectives et d’informations internationales (Cepii), et Gérard Cornilleau, directeur adjoint au département des études de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE).

1) D’où vient la monnaie ? (0 à 2’50)

Dette-publique_02.jpg

 

Les explications commencent par une métaphore : « L’économie, c’est comme une baignoire. La monnaie est son eau ». Et l’auteur de la vidéo, un certain Mr Quelques minutes  de poser la question : d’où coule l’eau qui remplit la baignoire ? En clair, qui crée la monnaie, pour alimenter l’économie ?

L’auteur rappelle donc que les banques centrales  ne sont pas les seules à créer de la monnaie. Les banques privées en créent aussi, lorsqu’elles émettent des prêts.

 

« Les banques (privées) créent l’argent qu’elles prêtent par une simple écriture scripturale. Cet argent sera détruit au fur et à mesure que le prêt sera remboursé. Ce procédé s’appelle la création monétaire par le crédit », explique la vidéo.

« C’est bien fait, c’est simple, je n’ai pas grand chose à dire jusque là », commente Gunther Capelle-Blancard, directeur-adjoint du Centre d’études prospectives et d’informations internationales (Cepii) et spécialiste de l’économie des banques.

2) Qui prête aux États ? (2’50 à 4’23)

Dette-publique_03.jpg

 

La seconde question posée par la vidéo est celle du moyen privilégié par les États pour s’endetter. L’auteur oppose « un temps où les États se finançaient auprès de leurs banques centrales » à l’époque actuelle où « les États utilisent le second robinet », c’est-à-dire s’endettent auprès des banques privées pour combler leur déficit. C’est notamment vrai depuis la loi de 1973 sur la Banque de France  et le traité européen de Lisbonne .

 

Premier accroc. « Le robinet vert, c’est-à-dire celui des banques privées, tourne depuis le 16ème siècle, tout ça n’a rien de nouveau », réplique Gérard Cornilleau de l’OFCE. Ce que confirme Gunther Cappelle-Blanquart. « Dans l’économie moderne, ce sont les banques commerciales qui créent la monnaie et de ce point de vue la situation n’a pas changé depuis 1973. La seule chose qui est nouvelle, c’est que les banques centrales n’ont plus le droit d’acheter des titres de dettes publiques », corrige-t-il. En clair, afin d’éviter l’inflation, les banques centrales, qui émettent les billets, ne peuvent acheter la dette des États.

Mais cette interdiction explique-t-elle l’envolée des dettes publiques, comme le suggère cette vidéo ? Pas vraiment. « Si les dettes étaient moins élevées dans les années 70, c’est parce que les budgets étaient équilibrés », conteste Gunther Cappelle-Blancard. Par ailleurs, les États-Unis n’ont jamais mis en place une telle interdiction, mais sont aujourd’hui tout de même très endettés.

Bilan : Contrairement à ce qu’avance l’auteur de la vidéo, les banques privées n’ont pas remplacé les banques centrales en tant que créancières des États, et le changement de législation ne peut expliquer l’augmentation des dettes publiques.

3) Comment limite-t-on les prêts par les banques ? (de 4’23 à 5’30)

Dette-publique_04.jpg

 

La question a moins à voir avec la dette publique. Cependant, l’auteur assure que les banques privées peuvent émettre quasiment autant de monnaie qu’elles le souhaitent. Celui-ci indique que les banques doivent seulement disposer d’un certain montant de « réserves fractionnaires », c’est-à-dire de réserve d’argent émis par les banques centrales pour prêter.

Avec un euro d’argent prêté par une banque centrale, les banques privées pourraient prêter six euros à leurs clients, États et entreprises.

Et si elles sont à court de liquidités ? « Pas de souci, elles sont autorisées à emprunter autant que nécessaire auprès des banques centrales », assure l’auteur.

Deuxième bévue ici. « Les banques centrales ne prêtent pas autant d’argent aux banques commerciales qu’elles le veulent », explique Gérard Cornilleau. « Elles contrôlent rigoureusement la création monétaire via des taux d’intérêts directeurs, afin de limiter l’inflation ». Confirmation là encore de Gunther Cappelle-Blanquart. « Cette vision du contrôle de la monnaie est datée. Aujourd’hui ce sont les taux directeurs qui contrôlent l’émission de monnaie par les banques privées et non les réserves fractionnaires. » Pour limiter la création de monnaie, les banques centrales peuvent augmenter leurs taux directeurs, c’est-à-dire les taux de leurs prêts aux banques commerciales. Celles-ci devront donc augmenter leurs taux d’intérêts, si bien que moins de gens souhaiteront avoir recours au crédit.

4) Qui gagne quand les États s’endettent ? (de 5’30 à 8’50)

Dette-publique_05.jpg

La vidéo rappelle que la majorité de la monnaie (l’eau de la baignoire), provient du crédit émis par les banques privées. L’auteur en profite pour dénoncer le coût de cette eau, c’est-à-dire les intérêts payés par les États et encaissés principalement par les banques. Selon ses calculs, la somme des intérêts payés par la France équivaut au montant total de la dette actuelle, environ 1 400 milliards d’euros. « Je peux vous le dire, cela représente un sacré pactole pour les banques », dénonce la vidéo.


« Là, je trouve que le raisonnement est carrément fallacieux » rétorque Gunther Cappelle Blanquart. « Lorsque l’on additionne des intérêts sur une longue période, même avec un taux faible, on arrive forcément à des sommes énormes. Or un État s’endette en permanence et sur le long terme. Remettre en cause cela c’est remettre en cause l’idée même d’intérêts sur la dette. »

« L’auteur insinue aussi que ces prêts enrichissent uniquement les banques, et il oppose les intérêts des ménages, des Etats et entreprises d’un côté et ceux des banques de l’autre. Or, c’est plus compliqué : les États n’empruntent pas aux banques mais via les banques. Car les banques empruntent elles-mêmes pour pouvoir prêter, auprès des banques centrales mais aussi auprès des ménages qui placent leur argent dans des Sicav  par exemple. Elles ne sont que des intermédiaires qui touchent une commission. Les vrais gagnants de l’endettement massif des États sont en réalité les épargnants. »

5) Quelles conclusions en tirer ? (de 8’50 à 10’35)

Dette-publique_06.jpg

 

L’auteur conclut que les appels à plus d’austérité ou à privatiser pour réduire la dette ne sont pas les bonnes solutions, et dénonce le poids des banques. En voulant réunir les deux critiques, il a recours à des approximations dans la vidéo. Pour autant, les questions qu’ils soulèvent sont l’objet de nombreux débats, qui souvent ne suscitent pas l’intérêt du grand public. Comment expliquer alors que cette vidéo soit autant visionnée ?


« Cette vidéo fonctionne parce qu’elle avance qu’il existe une solution simple pour sortir de la crise, en l’occurrence piocher dans le trésor des banquiers. C’est forcément porteur en période de crise aussi confuse », note Gérard Cornilleau. « En tant qu’enseignant, je constate que découvrir le système de création monétaire par le crédit est passionnant pour mes étudiants. Lorsqu’ils l’apprennent en deuxième année, ils sont fascinés, ils ont l’impression de comprendre vraiment quelque chose de technique , et pas du tout intuitif », avance de son côte Gunther Cappelle-Blancard.

Ce que j'ai envie d'ajouter :

- l'ensemble vidéo + les commentaires de Terra eco nous apportent des explications avec un langage et des explications simples que nous pouvons tous comprendre, merci à tous ceux qui oeuvrent dans le sens d'une "vulgarisation", au bon sens du terme, merci aussi à Estelle Le Touzé.

- ce qui m'avait le plus choqué dans la vidéo était le lien de cause à effet entre les intérêts de la dette et le montant de la dette actuelle : il n'y a rien de démontré, la proximité des montants n'est qu'une coïncidence et il ne faut pas chercher à rendre les prêteurs responsables de tous nos maux lorsqu'ils rémunèrent par l'intérêt, le travail qu'ils font et le risque qu'ils prennent. Bien sûr le taux de rémunération peut être discuté ...comme beaucoup d'autres rémunérations (artistes, footballeurs, sénateurs...etc) 

- on peut se demander si accuser les banquiers n'est pas fait pour "dédouanner" les responsables politiques. Il y a des limites aux possibilités d'emprunt pour les particuliers : quand on emprunte pour se loger on vous demande de rester dans les limites de 25% à 30% de votre PIB - je veux dire de votre revenu annuel - en ce qui concerne seulement les annuités de remboursement; il y a aussi des limites aux possibilités d'emprunt des états européens, elles sont fixées par traité à 60% du PIB pour chaque état ...règle que les gouvernants s'empressent d'ignorer!!

- le crédit finance la croissance : la croissance (ce n'est pas un "gros mot") raisonnée est le fruit de l'accroissement démographique (pour la France environ 0,5%) et des gains de productivité (au sens "large"), voilà ce qui devrait limiter l'appel au crédit! Le budget de la France est corrèlé à quelques hypothèses dont le taux de croissance; le taux choisi par le ministère des finances était initialement de 1,75% et vient d'être corrigé à 1%, encore au-dessus des prévisions des instituts économiques (0,9%) ...d'où la recherche d'environ 8 milliards d'Euros pour compenser cette perte hypothétique de recettes. C'est à ce 1% qu'il faudrait limiter nos emprunts en 2012 ...si nous étions revenus à un taux d'endettement acceptable. Il va falloir trouver d'autres recettes - la taxation des mouvements spéculatifs de capitaux - et diminuer les dépenses pour revenir rapidement à une situation saine ...mais nous connaissons tous des économies possibles chez nous et autour de nous! Arrêtons, par exemple, notre ultra-consommation, limitons le commerce "inéquitable", favorisons les productions et commerces de proximité, ré-organisons ou ré-orientons certains services publics  ...etc!

- mettons en place lors des prochaines échéances électorales un président et des élus "responsables", supprimons le cumul des mandats qui entraîne l'accroissement de la dette dirigé par des intérêts électoralistes... retrouvons de l'optimisme, nous pouvons y arriver! 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Published by Alain Marçais
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commentaires

Rene Guilbault 04/11/2011 22:22


Très intéressant, la crise aura au moins le mérite de faire faire des progrès en économie aux Français.