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Alain Marçais :

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  • : J'ai créé ce blog pour émettre et recevoir des commentaires sur les actualités économiques, sociales et politiques locales, régionales et nationales. C'est surtout un moyen de proposer des actions pour aider à résoudre les différentes difficultés de la vie quotidienne.
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21 mars 2012 3 21 /03 /mars /2012 12:05

 

Lors d'une conférence-débat extrêmement intéressante à Gilly-sur-Isère hier soir sur "internet et la démocratie" j'ai mentionné le cas de ce qui se passe en Islande actuellement, complètement occulté par les médias (plus qu'inquiétant!!) et porté à la connaissance du "monde" seulement grâce à quelques blogueurs. A la sortie de la conférence un de mes amis m'a demandé si cela était sur mon blog ...et non, ça ne l'était pas! Je corrige de suite ce manque à l'information que nous nous devons de connaître et je vous livre ci-après le contenu de quelques blogs qui vont vous permettre d'être informés et d'établir votre propre jugement. Ne pas omettre de lire le "4ème article" (d'après Rue89)  

 

1er article : "Révolution démocratique en Islande, que Vive l'Islande !"

Islande2.jpg

Aussi incroyable que cela puisse paraître, une véritable révolution démocratique et anticapitaliste a lieu en Islande en ce moment même, et personne n’en parle, aucun média ne relaie l’information, vous n’en trouverez presque pas trace sur « Google » : bref, le black-out total. Pourtant, la nature des évènements en cours en Islande est sidérante : Un Peuple qui chasse la droite au pouvoir en assiégeant pacifiquement le palais présidentiel, une « gauche » libérale de remplacement elle aussi évincée des « responsabilités »  parce qu’elle entendait mener la même politique que la droite, un référendum imposé par le Peuple pour déterminer s’il fallait rembourser ou pas les banques capitalistes qui ont plongé par leur irresponsabilité le pays dans la crise, une victoire à 93% imposant le non-remboursement des banques, une nationalisation des banques, et, point d’orgue de ce processus par bien des aspects « révolutionnaire » : l’élection d’une assemblée constituante le 27 novembre 2010, chargée d’écrire les nouvelles lois fondamentales qui traduiront dorénavant la colère populaire contre le capitalisme, et les aspirations du Peuple à une autre société.

Alors que gronde dans l’Europe entière la colère des Peuples pris à la gorge par le rouleau-compresseur capitaliste, l’actualité nous dévoile un autre possible, une histoire en marche susceptible de briser bien des certitudes, et surtout de donner aux luttes qui enflamment l’Europe une perspective : la reconquête démocratique et populaire du pouvoir, au service de la population.

 

 

2ème article : "Révolution populaire en Islande"

(traduit de Deena Stryker et Daily Kos)

Le fait qu'une seule émission de radio italienne (Radio Italia) ait parlé de la révolution en cours en Islande est un témoignage impressionnant du peu que les médias veulent bien nous dire sur le reste du monde. Les nord-américains ont pu se rappeler que, au début de la crise financière de 2008, l'Islande s'était déclarée en faillite. Les raisons n'en ont été abordées que très superficiellement, et depuis, ce membre peu connu de l'Union Européenne est retombé dans l'oubli. Du fait que les pays européens s'effondrent les uns après les autres, mettant l'euro en danger, avec des retombées pour tout le monde, la dernière chose que l’oligarchie dominante souhaite est que le cas de l'Islande se transforme en exemple.

En voici à présent les raisons :

Cinq années d'un régime purement néolibéral ont fait de l'Islande (320 mille habitants et pas d'armée) l'un des pays les plus riches du monde. En 2003, toutes les banques du pays ont été privatisées et, dans le but d'attirer les investisseurs étrangers, elles ont offert des lignes de crédit dont les coûts très bas ont permis des taux de rendement relativement élevés. Les comptes appelés "icesave" attirèrent de nombreux petits investisseurs britanniques et hollandais. Mais, au fur et à mesure que les investissements s'accroissaient, la dette des banques étrangères s'accroissait aussi. En 2003 la dette de l'Islande était égale à 200% de son PIB mais en 2008 elle en atteignait les 900%. La crise financière de 2008 donna le coup de grâce. Les trois principales banques islandaises - Landbanki, Kapthing et Glitnir - firent alors faillite et furent nationalisées, tandis que la couronne islandaise perdit 85% de sa valeur par rapport à l'euro. A la fin de l'année, l'Islande se déclara en faillite.

Contrairement à ce à quoi on pouvait s'attendre, la crise offrit aux Islandais l'opportunité de récupérer leurs droits souverains, par un processus de démocratie directe participative, lequel a finalement abouti, grâce à une persévérance inflexible, à une nouvelle Constitution.

Geir Haarde, le premier ministre du gouvernement de coalition social-démocrate négocia un prêt de 2,1 milliards de dollars, auquel les pays nordiques rajoutèrent 2,5 milliards. Néanmoins, la communauté financière étrangère fit pression sur l'Islande pour imposer des mesures drastiques. Le FMI et l'Union Européenne voulaient prendre le contrôle de sa dette, en arguant qu'il s'agissait du seul moyen pour que le pays s'en aquitte à l'égard des Pays-Bas et de la Grande- Bretagne, lesquels s'étaient engagés à rembourser leurs citoyens.

Les protestations et les désordres se poursuivirent et, finalement, contraignirent le gouvernement à démissionner. Les élections, anticipées à avril 2009, aboutirent à la victoire d'une coalition de gauche qui condamnait le système économique néolibéral. Mais, dans l'immédiat, cette coalition céda aux pressions exercées sur l'Islande afin qu'elle s'aquittât de ses 3,5 millards d'euros de dette. Cela impliquait que chaque citoyen islandais payât 100 euros par mois pendant 15 ans, avec un taux d'intérêt de 5,5%, alors que la dette avait été contractée par le secteur privé. Ce fut la goutte d'eau qui fit déborder le vase.

Ce qui s'est passé ensuite est extraordinaire. La croyance que les citoyens devaient payer pour les erreurs d'un monopole financier, et que toute une nation devrait se voir imposer le paiement de dettes privées, tomba en morceaux. Ce qui aboutit à une transformation de la relation entre les citoyens et leurs institutions politiques, et conduisit finalement les dirigeants de l'Islande à se ranger du côté de leurs électeurs. Le chef d'Etat, Olafur Ragnar Grimsson, se refusa à ratifier la loi qui rendait les citoyens islandais responsables de la dette bancaire d'Etat, et accepta les appels lancés pour un référendum.

Evidemment, la Communauté internationale ne fit qu'augmenter la pression sur l'Islande. La Grande- Bretagne et les Pays-Bas la menacèrent de représailles terribles et d'isoler le pays. Pendant que les Islandais se rendaient aux urnes, les banquiers étrangers menacèrent de bloquer toute aide du FMI. Le gouvernement Britannique menaça de geler les épargnes et les comptes courants islandais. Comme le disait Grimsson, "nous avons dit que si nous nous refusions à accepter les conditions de la Communauté internationale nous deviendrions le Cuba du nord. Mais, si nous avions accepté, nous serions devenus le Haïti du Nord". Combien de fois ai-je écrit que, quand les Cubains voient l'état lamentable de leurs voisins d'Haïti, ils peuvent se considérer comme chanceux ?

Lors du référendum de mars 2010, 93% de la population votèrent contre le remboursement de la dette. Le FMI gela immédiatement ses prêts. Mais la révolution (qui n'avait pas encore été retransmise aux USA) ne se laissa pas intimider. Avec l'appui d'une population furieuse, le gouvernement poussa à des enquêtes civiles et criminelles concernant les responsables de la crise financières. Interpol émit un ordre international de mise en détention pour l'ex-président de Kaupthing, Sigurdur Einarsson, ainsi que pour les autres banquiers impliqués qui quittèrent le pays.

Mais les Islandais n'en restèrent pas là : Il fut décidé de rédiger une nouvelle Constitution pour libérer le pays du pouvoir exagéré de la finance internationale et de l'argent virtuel. Celle qui était en vigueur avait été écrite à l'époque où l'Irlande avait obtenu son indépendance du Danemark, en 1918, l'unique différence avec la constitution danoise étant que le mot "Roi" avait été remplacé par celui de "Président".

Pour écrire la nouvelle Constitution, le peuple Islandais élut 25 citoyens parmi 522 adultes qui n'appartenaient à aucun parti politique, mais qui étaient recommandés par au moins trente personnes. Ce document ne fut pas l'œuvre d'une poignée de politiciens, mais fut rédigé sur internet. Les réunions des électeurs furent diffusées en ligne, et les citoyens purent envoyer leurs commentaires et suggestions, du fait qu'ils étaient les témoins de ce document au fur et à mesure qu'il prenait forme. La Constitution qui émergera de ce processus de démocratie participative sera présentée pour approbation au Parlement, après les prochaines élections.

Certains lecteurs se souviendront de l'effondrement agraire de l'Islande au IXème siècle, mentionné dans le livre de Jared Diamond. Aujourd'hui, ce pays est en train de se remettre de son effondrement financier mais d'une manière totalement opposée à ce qui était considéré comme inévitable. Comme l'a confirmé hier la nouvelle directrice du FMI, Chistine Lagarde, a Fared Zakrie. Ils dirent au peuple grec que la privatisation de son secteur public était l'unique solution. L'Italie, L'Espagne et le Portugal font face à la même menace.

On devrait regarder du côté de l'Islande. En refusant de se soumettre aux intérêts étrangers, le pays a indiqué clairement que le peuple est souverain.

 

 

Islande1.jpg

 

3ème article : "L’avenir de l’Islande"

À l’instar d’une petite poignée d’autres pays, la « terre de glace et de feu » réalise de grandes avancées: après avoir poussé le gouvernement au pouvoir rongé par la corruption à se retirer, mis les responsables de la crise financière derrière barreaux, entrepris de rédiger une nouvelle Constitution participative, le pays se trouve face à des perspectives de prospérité.

 Dans un contexte de forte crise économique en Europe, l’État insulaire pourrait devenir cette année le pays occidental le plus prospère.

 Ses habitants ont réussi à créer quelque chose que l’on pourrait qualifier d’effet exemple, montrant ainsi comment les choses doivent être faites. Tout est parti des émeutes de 2008, qui, grâce à la force d’une nation toute entière, ont transformé ce que l’on considérait comme une crise en une incroyable opportunité.

 Aujourd’hui, d’après les chiffres avancés par la Commission Européenne, il s’avère que l’Islande clôture l’année 2011 avec une croissance de 2,1 % ; il est même prévu qu’elle enregistre en 2012 une croissance pouvant aller jusqu’à 1,5%, un chiffre trois fois supérieur aux prévisions pour les pays de la zone euro. Cette tendance à la hausse pourrait ne pas s’arrêter là, et la croissance pourrait atteindre les 2,7 % en 2013. Plus important encore : des emplois se créent à nouveau dans le pays et la dette publique décroit de manière significative. Cet État insulaire de l’océan Arctique a refusé de porter secours aux banques. Il les a laissées s’effondrer et a fait comparaître devant la justice les responsables de dommages et autres abus financiers, et ce grâce aux efforts obstinés du mouvement social. Il s’agit d’un peuple qui a été capable de commencer à écrire son propre avenir sans rester à la merci de ce qui se décide dans des bureaux complètement déconnectés des réalités citoyennes. Et ce, même s’il reste des difficultés à surmonter et des zones d’ombre à éclairer.

La révolution islandaise n’a, d’autre part, fait aucune autre victime que les hommes politiques ou les financiers. Aucune goutte de sang n’a été versée. Et bien que cette révolution n’ait pas eu autant de visibilité que celles du Printemps arabe, et que l’information n’ait pas été relayée avec la même vigueur par les médias internationaux, elle a atteint ses objectifs de manière claire et exemplaire. Aujourd’hui, l’Islande peut être considérée comme un exemple pour les indignés européens et espagnols, tout comme pour les mouvements Occupy qui ont lieu dans de nombreuses villes nord-américaines ; elle peut être considérée comme un exemple pour tous ceux qui militent pour la justice sociale, et plus particulièrement pour la justice économique, dans le monde entier.


 

4ème article : La « révolution démocratique » en Islande tient du fantasme

Pascal Riché

S'il a choisi des solutions originales après l'effondrement de son économie, le pays n'est pas devenu un paradis anticapitaliste.

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Johanna Sigurdardottir, premier ministre islandais, lors d'un meeting après l'élection législative (Bob Strong/Reuters)

Nationalisations du système bancaire, chute de la droite, pressions de la haute finance repoussées par référendum, assemblée constituante... Depuis quelques jours, bizarrement, nous sommes bombardés d'e-mails s'enthousiasmant sur la « révolution démocratique anticapitaliste » qui aurait lieu en Islande, et dont les succès seraient déjà palpables.

Dans ces courriers, on nous renvoie à certains articles enflammés, comme une note qui décrit pas moins qu'une « révolution en marche, à faire circuler le plus largement possible, puisqu'on ne doit compter sur aucun média pour le faire à notre place ». Bigre.

Les Islandais que j'ai appelés sont assez surpris de cette présentation. Ils s'accordent pour qualifier de fantasme ce prétendu rejet du capitalisme par le peuple.

La population de cette île reste attachée à l'économie de marché, et l'économie et la constitution sont bouleversées, m'expliquent-ils, ce n'est pas pour abandonner le système existant, c'est pour le régénérer : « Mes compatriotes sont plutôt schumpéteriens de nature, adeptes de la « destruction créatrice », précise l'un d'entre eux.

Le président de l'association France-Islande, Jean Le Tellier, relativise en outre l'intérêt de présenter en modèle les initiatives islandaises :

« L'Islande, c'est 300 000 habitants, c'est moins que la ville de Metz. Comparer sa gouvernance à celle de la France ou des Etats-Unis n'a pas grand sens “.

Economie : une timide reprise, pas de miracle

Aujourd'hui, l'Islande, dont l'économie a été entièrement ravagée par la crise financière, retrouve un peu d'espoir. Mais le pays n'est pas encore sorti de la récession.

Au troisième trimestre, pour la première fois depuis 2008, l'Islande a certes affiché un PIB supérieur à celui du trimestre précédent : +1,2%. Cependant, la croissance, qu'on mesure d'une année sur l'autre, n'est pas encore au rendez-vous : le PIB a baissé de 2,1% pendant ce même trimestre si on le compare au même trimestre de l'année précédente...

Personne n'attend des miracles à court terme, notamment en raison des difficultés que rencontrent les entreprises pour se financer. Le FMI, en novembre 2008, avait injecté 2,1 milliards de dollars pour aider au redémarrage, une somme très insuffisante.

Mais ce qui est intéressant, ce sont les recettes utilisés, différentes des autres pays européens, à commencer par l'Irlande et la Grèce. Elles tiennent en deux termes qui n'ont pas bonne presse : nationalisation et dévaluation.

Trois grandes banques en faillite et nationalisées

L'Islande, en octobre 2008, n'a pas sauvé la peau des actionnaires de ses trois grandes banques : Kaupthing, Glitnir et Landsbanki. Elles se sont effondrées, et l'Etat les a purement et simplement nationalisées.

L'Etat a indemnisé les déposants islandais, mais pas les étrangers. Ce qui a fâché deux pays : la Grande Bretagne et les Pays Bas, dont de nombreux épargnants (400 000) avaient investi dans les produits de la banque en ligne Icesave, filiale de Landesbanki. En jeu : près de 2,7 milliards d'euros.

Les gouvernements britanniques et néerlandais ont indemnisé ‘leurs’ épargnants, pour éviter leur ruine. Mais ils ont envoyé la note à Reykjavik, en lui proposant un crédit rémunéré à 5,5%. En octobre 2009, un accord a été trouvé et a été approuvé par le Parlement islandais.

Surprise, le président de la République, Olafur Ragnar, auquel la constitution donne pourtant très peu de pouvoir, a tiqué : il a refusé de promulguer la loi. En mars, un référendum a été organisé sur le sujet : 60% des électeurs se sont déplacés et 93% d’entre eux ont rejeté les modalités du remboursement de la dette aux Britanniques et Néerlandais.

Un nouvel arrangement a depuis été trouvé avec Londres et Amsterdam. Car l'Islande, candidate à l'adhésion à l'Union européenne, ne veut pas se fâcher à jamais avec deux de ses membres... L'accord porte désormais sur un prêt à environ 3%. Il doit encore être avalisé par le parlement islandais.

La monnaie dévaluée pour relancer les exportations 

L'Islande a laissé filer sa monnaie, la couronne. Elle a perdu près de 50% face au dollar. Les exportations sont donc reparties : le poisson, bien sûr, mais aussi l'aluminium -une grande spécialité industrielle de l'île : sa production demande des ressources énergétiques importantes, ce dont dispose le pays.

Le tourisme aussi va mieux : ses recettes se sont accrues de 7%. Il a été bien aidé, il est vrai, par le volcan Eyjafjallajökull, dont le panache a attiré l'attention de la planète en avril 2010.

Un pouvoir qui passe à gauche

La crise a bousculé le jeu politique islandais. En janvier 2009, des milliers d'Islandais manifestent autour de leur parlement, l'Althing, armés de bruyants ustensiles de cuisine : des gens qui perdaient leur emploi, leur logement, pendant que leurs élus débattaient du fait de savoir si les supermarchés pouvaient ou non vendre de l'alcool.

Déjà affaibli par l'effondrement des banques, ces manifestations achèvent de déstabiliser le gouvernement ; le Premier ministre annonce alors sa démission, invoquant des raisons de santé.

Lors des élections d'avril 2009, une majorité de gauche, composée de socio-démocrates et du parti ‘gauche verte’, est élue. C'est une première en Islande, pays traditionnellement gouverné au centre droit. Une femme, Johanna Siguroardottir, prend la tête du gouvernement, une autre première dans ce pays (qui a cependant eu une présidente pendant 16 ans, Vigdis Finnbogadottir).

Mais le coup de barre est modéré : les socio-démocrates sont pro-marché et pro-Europe. Le programme discuté avec le FMI se poursuit, et le gouvernement engage en juillet des négociations pour adhérer à l'Union européenne.

Une réforme de la Constitution

Dans le programme de la gauche, il était question d'une réforme de la constitution, notamment pour redéfinir les pouvoirs du président de la République. Cette initiative n'est pas une grosse surprise politique, comme l'explique au téléphone le politologue Eirikur Bergmann, directeur du centre pour les études européennes à l'université de Bifröst :

‘Notre constitution de 1944 était calquée sur celle du Danemark ; depuis des années, nous prévoyions de la changer, pour nous doter d'une constitution propre à l'Islande. Nous avons repoussé le projet plusieurs fois. La crise de nos banques a servi d'opportunité pour se lancer.

C'est un peu comme dans la vie, les crises vous forcent à la réflexion sur vous-même. Mais ce travail constituant n'a rien à voir, sur le fond, avec la crise financière.’

Une assemblée constituante, composée de 25 personnes, est élue le 27 novembre 2010. N'importe qui pouvait se présenter à cette élection.

Plus de 520 candidats l'ont fait, de tous horizons. Les élus sont des universitaires, des juristes, des journalistes ; on compte aussi un syndicaliste, un agriculteur, un pasteur, un metteur en scène...

La participation à l'élection de cette assemblée des 25, cependant, n'a pas été énorme : seulement 36% des électeurs se sont déplacés, ce qui a été analysé comme un revers pour le nouveau gouvernement, et comme le signe d'un désintérêt pour ce toilettage constitutionnel.

La commission doit plancher sur la réforme à partir de mi-février et fournir un texte dans le courant de l'été. Il devra être voté par le parlement et sera soumis au réferendum en 2012.

Remous autour des règles du FMI et de l'adhésion à l'UE

Pendant ce temps, le gouvernement de Johanna Siguroardottir s'escrime à respecter les règles dictées par le FMI, ce qui ne fait rien pour accroître sa popularité. Mais ces ‘ajustements’, comme dit pudiquement le fonds, ne s'accompagnent pas de manifestations : la population semble s'être résignée à avaler la potion amère.

Le gouvernement de gauche connait cependant de nombreuses turbulences et tiraillements. En ce moment, c'est la candidature à l'Union européenne qui crée des remous : selon les sondages, la population n'y est pas favorable (‘mais dans les sondages, l'adhésion à l'UE est très erratique en Islande, variant selon les périodes de 30% à 90%’, tempère Bergmann).

Au parlement, à plusieurs reprise, les ‘verts de gauche’ se sont désolidarisés d'un pouvoir jugé trop centriste sur la question européenne comme sur d'autres. ‘Ce gouvernement est en crise depuis sa prise de fonction’, résume Bergmann.

 On est donc loin du conte de fée qui circule sur le net. L'Islande ne vit pas une alternative réussie et harmonieuse au capitalisme, mais une suite de tâtonnements confus, douloureux et résignés... en restant dans les rails du FMI.

 

 

 

 

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Published by Alain Marçais - dans 03.Relations internationales
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