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9 janvier 2012 1 09 /01 /janvier /2012 10:57

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Mercredi est une journée importante, avec 2 grands évènements : la première journée des soldes, avec une ouverture nocturne des commerces albertvillois, jusqu'à 21h ...et la sortie du livre de Dominique Paillé "Panique à l'Elysée".

La sortie de ce livre est déjà annoncée sur le site de grandes librairies régionales présentes à Annecy et Chambéry, la FNAC et Decître

Dominique Paillé a été maire d'une commune des Deux-Sèvres et député de ce département, il est aujourd'hui membre du parti radical, parti qui évolue dans la sphère sarkozyste.

Il a connu dans le début des années 2000 des démêlés avec les autorités judiciaires et a même été condamné à de la prison avec sursis (lu sur wikipédia) ...prudence donc! Cela n'enlève rien à la qualité attendue de "Panique à l'Elysée", son premier roman, publié aux éditions Grasset et disponible au prix d'environ 17,75 Euros.

 

Pour vous "préparer" ou vous mettre l'eau à la bouche, voilà des extraits de ce que Dominique Paillé a publié sur son site (www.dominique-paille.fr) ou sur son blog (http://panique-a-l-elysee.blogspot.com/) :

Dimanche 22 avril 2012. 17 heures 30

Le Ministre de l’Intérieur repose le combiné de l’interphone, il se lève, va ouvrir une fenêtre de son bureau qui donne sur le parc de Beauvau à la recherche d’une bouffée d’oxygène. Il plonge la main droite dans sa poche de pantalon, en ressort un mouchoir en tissu parfaitement plié et s’éponge le front. Le rouge lui teinte fortement les pommettes légèrement couperosées. Il fustige intérieurement ces moments d’attente qui lui donnent l’impression inhabituelle d’une insupportable impuissance. Dans vingt minutes, la très grande majorité des bureaux de vote va fermer. Les sondages « sorties des urnes » à la mi-journée sont inquiétants...

18 heures.

Son portable vibre : « Non, Monsieur le Président, nous n’avons pas de résultats fiables, les bureaux viennent juste de fermer. Oui, nous avons des tendances de « sorties des urnes » des bureaux tests. Les quatre candidats se tiennent dans un mouchoir et de votre côté ? Les sondeurs ? » Le visage de Claude Guéant se ferme un peu plus. Il réajuste ses lunettes d’acier et conclut ce bref échange : « Je vous appelle dès que nous avons des informations valables. »

19 heures.

Claude guéant sort en trombe de son bureau. Il est en retard, ce qu’il déteste. Il hésite un instant à revenir sur ses pas pour prendre son légendaire imperméable bleu marine et se ravise. Sa sacoche à la main, il s’engouffre dans sa Vel Satis qui l’attend au bas du perron. La grille s’ouvre devant lui. La voiture tourne à gauche dans la rue du Faubourg Saint-Honoré libre de toute circulation. Cent mètres plus loin, elle s’arrête devant le portail de l’Elysée qui s’entrebâille lentement, laissant aux journalistes et aux éternels badauds le temps de le reconnaître à travers les vitres fumées. Les pneus crissent sur le gravier blond. Un huissier se précipite, ouvre la portière. Claude Guéant sort et d’un pas rapide monte deux par deux les marches de l’escalier qui mène à l’étage, c’est la cadence à laquelle il s'astreignait depuis son pontage coronarien de juillet 2011 à chaque fois qu'il venait rencontrer son « patron » à l'Elysée. Il rejoint le Président dans son bureau. Le Premier Ministre et un quarteron de conseillers l’entourent, tous le regard grave.

L’ambiance est figée. Nicolas Sarkozy a le visage fermé, les rides du front creusées. Son teint hâlé en accentue par ailleurs le relief. - «Toujours les mêmes tendances, Claude ? » Le Ministre de l’Intérieur a la gorge sèche. Il parvient néanmoins à susurrer une réponse brève « oui, Monsieur le Président. » Brice Hortefeux, coordonnateur occulte de la campagne est affalé dans un fauteuil du coin salon, la main droite caressant machinalement le tapis. Oubliant les règles strictes du régime alimentaire qu’il s’impose depuis des mois, il attrape de sa main gauche un chocolat dans l’assiette garnie posée sur la table basse. Le silence rend la tension presque palpable, oppressante. Les volutes du cigare sur lequel tire frénétiquement le Président font suffoquer Patrick Buisson qui, d’autorité, ouvre l’une des deux fenêtres donnant sur le parc. L’inspirateur de la droitisation de la campagne a la calvitie ruisselante de sueur. Contre nombre de ténors de l’UMP, il a réussi à entraîner Nicolas Sarkozy sur les thèmes frontistes. Tous ceux qui ont voulu s’opposer à Buisson ont été écartés.

Comme tous les politiques, Nicolas Sarkozy aime s’entourer de conseillers diamétralement opposés, ce qui permet, électoralement, de ratisser plus large. Au début de son quinquennat,  il déclarait : « pour ma gauche, j'ai Guaino, pour ma droite, j'ai Buisson ». En 2007,  Nicolas Sarkozy avait réussi à siphonner les voix du FN et des classes populaires. En 2012, il croit pouvoir rejouer cette partition. Malgré l’incertitude entourant les résultats de ce premier tour de la Présidentielle, Patrick Buisson ne doute pas pour autant de la pertinence de sa stratégie. D’ailleurs, depuis la dernière campagne présidentielle, Patrick Buisson est intouchable. Lorsqu'il lui remet la Légion d'honneur en septembre 2007, Nicolas Sarkozy explique que c'est grâce à ce conseiller venu de l'extrême droite qu'il a été élu. En mars de cette année-là, le centriste François Bayrou monte dangereusement dans les sondages. Nicolas Sarkozy décide alors avec Patrick Buisson de donner un coup de barre à droite, en proposant la création du ministère de l'identité nationale pour attirer l'électorat de Jean-Marie Le Pen, ministère qu’il confiera à Brice Hortefeux d'abord, puis à Eric Besson. La manœuvre fut loin d’être une réussite durable : chacun se souvient du calamiteux débat sur l’identité nationale. Cet inspirateur du Président, qui a préféré rester dans l'ombre et facturer ses prestations, avant que la Cour des comptes ne s’en mêle, aurait même refusé un poste de conseiller spécial à l’Elysée, sans doute moins lucratif et le privant de liberté pour ses autres activités. Mais Patrick Buisson n’est pas à l'origine de toutes les dérives droitières du quinquennat de Nicolas Sarkozy. A l'Elysée, nul n'en doute, les décisions sont prises par le Président.

Dimanche 22 avril 2012 Palais de l'Elysée. 19 h 15.

Les conseillers sont invités par le chef de l'Etat à rejoindre le salon vert : « Laissez-moi deux minutes avec Claude. » Henri Guaino sort en traînant les pieds, rongé plus que jamais par ses tics et meurtri de n’avoir pu éliminer de l’entourage immédiat de son patron, malgré son départ de l’Elysée pour Beauvau, celui qui reste son meilleur ennemi. -« Comment Claude, à moins d’une heure de la clôture des bureaux en métropole vous n’êtes pas capable d’avoir des indications claires ! Que foutent vos services ! - Ils sont dans le même brouillard que les sondeurs, Monsieur le Président, vous vous tenez à quatre, en deux points… la marge d’erreur… - Putain tout ça pour en arriver là. » Une grande lassitude envahit Nicolas Sarkozy. Il s’assoit sur le canapé pose les pieds sur la table et soupire. Claude Guéant ose à mi-voix lui dire « Vous devriez peut-être passer à côté saluer nos amis » « Et les remercier d’avoir fait le job à moitié ! Parce que si je n'avais pas été là... » Lui rétorque nerveusement le Président.

19H30

Depuis une demi-heure, les leaders UMP chargés de porter l’analyse du premier tour dans les médias attendent des éléments de langage dans le salon vert. Olivier Biancarelli son conseiller politique et Franck Louvrier l’organisateur de sa communication leur ont distribué leurs fiches. L’une avec, et l’autre sans la présence de Nicolas Sarkozy au second tour. Quand le Président entre par la porte qui donne directement dans son bureau ils sont tous là. De Copé à Juppé, de Bertrand à Morano, l’égérie populiste du sarkozysme, de Pécresse à Kosciusko, les « intellectuelles » passés de Chirac à Sarkozy. Copé affiche un rictus de satisfaction rentrée, la défaite possible du sortant en 2012, défaite qu’il souhaite, lui offrirait sur un plateau, la légitimité de sa candidature en 2017, car, comme l’avait fait avant lui Nicolas Sarkozy en 2004, il a su s’emparer de l’UMP. Bertrand a l’œil éclairé de ceux qui ne doutent jamais. Pécresse regarde par la fenêtre entrouverte la grille du coq au fond du parc de l’Elysée, Nathalie Kosciusko Morizet twitte à tout va, avec sa frénésie habituelle, les deux pouces sur les touches de son BlackBerry, les yeux rivés sur le clavier. Tous caressent à cet instant le fugace espoir d’être fixés de la bouche même du chef. Ils n'attendent pas tous le même message, mais l'incertitude est insupportable. En vain, Nicolas Sarkozy se pose au bout de la table, les coudes sur le dossier d’une chaise, le dos légèrement incurvé « on n’en sait pas plus que vous, ça tombera sur les plateaux, je ne peux rien dire de plus ! »

19H45

L’Elysée se vide. Le bal des limousines quittant la cour sous les flashs des journalistes et des photographes ne masque pas l’angoisse qui se lit sur les visages de ceux qui sortent. Claude Guéant est le dernier à partir pour regagner le ministère de l’Intérieur. Pensif, presque absent, il ne se rend même pas compte qu’un huissier le protège avec un parapluie, des premières gouttes de pluie qui se mettent à tomber.

Une foule anormalement nombreuse se masse au bord des rues, alertée par les informations qui courent sur la toile. Tantôt vociférant, tantôt extrêmement joyeux, des badauds vissés à leurs mobiles manifestent bruyamment au fil des appels qu’ils reçoivent. Les rumeurs les plus folles s’échangent par SMS, alimentées par une multitude de sites Internet plus informés les uns que les autres sur les hypothétiques résultats.

....la suite mercredi quand vous lirez le roman!

 

En bonus, je vous propose de ré-écouter une des dernières chroniques, sur France Inter de l'humoriste Stéphane Guillon, son titre étant le même que celui du roman de Dominique Paillé, "panique à l'Elysée" :

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Published by Alain Marçais - dans 07.Actualité nationale
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